Responsables


Naomie Fournier Dubé
Université de Montréal


Marie-Hélène Hébert
Université TÉLUQ

SYMPOSIUM G
Salle 7

L’évaluation sans jargon : que du bon!

Programmation du symposium G
Jeudi 19 novembre

Salle 7

Bloc 1 et 2 (9 h 35 à 12 h 35)


Communication A – 30 minutes
Qui conseille les conseillers ? Éclairer le rôle des conseillers pédagogiques en évaluation

Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Christophe Chénier – Université de Montréal
Annie Martel – Centre de services scolaire des Phares
Josiane Millette - Centre de services scolaire des Phares

Soutenir les équipes-écoles en évaluation des apprentissages représente un défi de taille pour les conseillers pédagogiques. Entre les prescriptions ministérielles, les réalités propres à chaque milieu et la diversité des conceptions de l’évaluation, ils sont appelés à soutenir le développement professionnel du personnel scolaire tout en favorisant des pratiques évaluatives cohérentes et porteuses de sens (Careau, 2024; Careau et Carpentier, 2025; Duchesne, 2016; Mathou, 2020). Pour mieux comprendre cette réalité, deux professeurs universitaires spécialistes de l’évaluation des apprentissages et dix conseillers pédagogiques se sont engagés dans une recherche collaborative (Morrissette, 2013). S’appuyant sur une conception de l’évaluation comme une pratique professionnelle construite collectivement (Morrissette et Legendre, 2012), cette démarche mise sur la coconstruction, les échanges entre pairs et l’analyse réflexive des pratiques pour faire émerger des repères directement ancrés dans les réalités du terrain (Paul, 2020; Guillemette et Simon, 2014). Cette présentation mettra en lumière les fondements de la démarche, les premiers résultats issus du partenariat ainsi que les retombées observées jusqu’à présent pour les conseillers pédagogiques participants. Enfin, les contributions du projet au développement de dispositifs de formation mieux adaptés à leurs réalités en évaluation des apprentissages seront discutées.

Communication B – 30 minutes
À livre ouvert : Coconstruire le suivi des premiers apprentissages en lecture


Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Rachel Berthiaume – Université de Montréal
Emilie Brown – Centre de services scolaire des Mille-Îles
Jessica Déziel – Centre de services scolaire des Mille-Îles
Camille Dionne – Université de Montréal
Josée Fauvel – Centre de services scolaire des Mille-Îles
Melissa Legault – Centre de services scolaire des Mille-Îles
Tania Roussel – Centre de services scolaire des Mille-Îles

Le suivi des premiers apprentissages de la lecture est aujourd’hui reconnu comme un levier prometteur pour soutenir les apprentissages des élèves (Pyle et al., 2020). Toutefois, documenter leurs progrès ne suffit pas : les équipes-écoles doivent également pouvoir s’appuyer sur des repères communs pour constater les forces, les défis et les progrès des élèves, orienter leurs décisions pédagogiques et assurer un suivi cohérent dans le temps (Bisaillon et Fournier Dubé, 2025). Dans cette perspective, les travaux de Francotte et al. (2023) suggèrent que les manières de faire gagnent à être conçues de manière à être perçues comme utiles par les milieux, suffisamment souples pour s’adapter aux réalités des classes et compatibles avec la charge de travail du personnel enseignant. C’est dans cette optique qu’une démarche de coconstruction a été mise en place, réunissant deux chercheuses, l’une spécialiste de la didactique du français et l’autre de l’évaluation des apprentissages, cinq conseillères pédagogiques ainsi que quatre équipes composées chacune de deux enseignantes de 1re année et d’une orthopédagogue. En réponse à la mesure budgétaire 15029 du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ, 2025), cette collaboration vise la coconstruction d’une trousse destinée à soutenir le pistage des progrès en lecture. Au-delà de la trousse développée, la démarche cherche à favoriser une compréhension commune de son utilisation, en misant sur le dialogue entre les savoirs issus de la recherche et ceux développés dans la pratique. Cette communication présentera les fondements de la démarche, le processus de coconstruction de la trousse, ainsi que les principaux apprentissages réalisés jusqu’à maintenant. Les défis rencontrés, les conditions ayant favorisé la collaboration entre les différents acteurs et les retombées attendues pour soutenir une appropriation durable de la mesure ministérielle seront également discutés.

Communication C – 30 minutes
Évaluer avec l’IA? Le regard d’enseignants québécois

Marie-Hélène Hébert – Université TÉLUQ
Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Cathia Papi – Université TÉLUQ
Serge Gérin-Lajoie – Université TÉLUQ
Christian Bourassa – Université de Montréal
Richard-Hugo Goyette – Université de Montréal

L’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement les pratiques éducatives et suscite un intérêt croissant dans le domaine de l’évaluation des apprentissages (Papi et al., 2026). Toutefois, les connaissances sur son intégration dans les pratiques évaluatives des enseignants demeurent limitées. Cette communication présente les résultats d’une enquête par questionnaire menée auprès d’une cinquantaine d’enseignants québécois du primaire et du secondaire afin d’examiner leur niveau de familiarité avec l’IA, leurs usages en contexte d’évaluation ainsi que les bénéfices et les limites qu’ils lui attribuent. Les résultats mettent en évidence un paradoxe : malgré une familiarité encore limitée avec l’IA et des usages relativement peu fréquents, les enseignants reconnaissent son potentiel pour soutenir la conception de tâches d’évaluation, l’élaboration de grilles d’évaluation et la production de rétroactions destinées aux élèves. En revanche, ils demeurent nettement plus réticents à lui confier des responsabilités directement liées à la correction des productions des élèves ou à la notation. Les résultats montrent également que l’IA est avant tout envisagée comme un outil d’aide à la réflexion, à la planification et à la conception, sans pouvoir se substituer au jugement professionnel de l’enseignant. Ces résultats mettent en lumière une posture d’adoption prudente, dans laquelle les gains d’efficacité doivent être conciliés avec les exigences de qualité, d’équité, d’éthique et de validité de l’évaluation.

Communication D – 30 minutes
Recherchée : Cheffe d’orchestre du partenariat école-université en évaluation !

Karine Legendre – Centre de services scolaire de Laval
Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal

Les partenariats école-université sont aujourd’hui reconnus comme un levier important de développement professionnel et de transformation des pratiques du personnel scolaire (Farrell et al., 2021). Leur réussite et leur pérennité reposent notamment sur le leadership exercé par la direction d’école, qui joue un rôle déterminant pour mobiliser son équipe, maintenir un sens partagé du projet et adapter continuellement la démarche aux réalités du milieu (Clifton et Jordan, 2024; Jones et al., 2025; Leithwood et al., 2020; Robinson et Gray, 2019). À partir du témoignage d’une direction d’école engagée depuis près de quatre années dans un partenariat école-université consacré à l’évolution des pratiques évaluatives, cette communication illustrera comment ce leadership prend forme dans l’action. Comment une direction orchestre-t-elle la collaboration avec l’université afin de faire évoluer les pratiques évaluatives ? Quelles conditions met-elle en place pour mobiliser durablement son équipe et faire du partenariat un levier de développement professionnel ? En quoi cette expérience transforme-t-elle sa manière d’exercer son leadership pédagogique ? À travers des exemples concrets, cette présentation mettra en lumière le rôle de la direction comme une véritable cheffe d’orchestre d’un partenariat école-université, capable de créer les conditions favorables à l’engagement collectif et à une transformation durable des pratiques.

Communication E – 30 minutes
Essaimer l’évaluation : quand l’accompagnement fait école

Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Émilie Brisson – Centre de services scolaire de Laval
Marie-Lee Brisebois – Centre de services scolaire de Laval
Stéphanie Desforges-Cyr – Centre de services scolaire de Laval

Amorcée en janvier 2023 dans le cadre du Réseau des écoles associées de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, une démarche d’accompagnement en évaluation des apprentissages a réuni une professeure spécialiste du domaine et trois enseignantes chevronnées de 6e année du primaire (Fournier Dubé et al., 2025, 2026). Près de quatre ans plus tard, cette communication propose de revenir sur les changements qu’elles disent avoir observés dans leur façon d’évaluer les apprentissages des élèves. À partir de leur témoignage, les enseignantes présenteront les principaux apprentissages réalisés, les ajustements apportés à leurs pratiques, les défis rencontrés ainsi que les conditions ayant favorisé ces changements. Elles montreront également comment cette démarche a renforcé leur confiance dans leur posture d’évaluatrices, au point de les amener à devenir de véritables agentes de changement au sein de leur école. En partageant leurs expérimentations, leurs outils et leurs réflexions avec leurs collègues, elles contribuent aujourd’hui à faire évoluer les pratiques évaluatives de leur milieu. En donnant la parole aux enseignantes, cette communication illustrera comment un partenariat durable entre l’université et le milieu scolaire peut soutenir le développement professionnel des enseignants (Darling-Hammond et al., 2017; Farrell et al., 2021), renforcer leur confiance professionnelle et favoriser l’émergence d’une culture collaborative propice à l’évolution des pratiques (Hadar et Baharav, 2025).

Communication F – 30 minutes
Adapter l'évaluation aux fragilités langagières : mission (im)possible ?

Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Roxana Arriola Valle - Centre de services scolaire de Laval
Andréanne Brousseau - Centre de services scolaire de Laval
Jean-François Corriveau - Centre de services scolaire de Laval
Arianne Lebel - Centre de services scolaire de Laval

Évaluer les apprentissages d’élèves présentant des fragilités langagières amène les enseignants à composer avec des défis particuliers (Tancred et al., 2023). C’est dans cette perspective qu’une démarche d’accompagnement en adaptation scolaire est menée depuis l’automne 2025. S’inscrivant dans le partenariat école-université du Réseau des écoles associées de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, déjà bien établi (Fournier Dubé et al., 2025, 2026), elle réunit une équipe composée de trois enseignants en adaptation scolaire, d’une technicienne en éducation spécialisée et d’une professeure spécialisée en évaluation des apprentissages. Fondée sur une alternance de rencontres de réflexion, d’expérimentations en classe et de retours collectifs (Qin, 2024), cette démarche vise à soutenir une évolution progressive des pratiques évaluatives en fonction des réalités des élèves et du milieu (Roberts et al., 2021). Toujours en cours, cette démarche offre un regard privilégié sur la manière dont des praticiens s’engagent dans une transformation de leurs pratiques évaluatives. À partir du témoignage des membres de l’équipe, cette communication cherchera à comprendre ce qui les a amenés à prendre part à cette collaboration, comment l’accompagnement soutient concrètement leur appropriation de nouvelles façons d’évaluer et quels premiers effets ils perçoivent, tant dans leur développement professionnel que dans les apprentissages de leurs élèves.

Bloc 3 (13 h 50 à 15 h 20)

Table ronde – 90 minutes
Animation : Marie-Hélène Hébert – Université TÉLUQ

Des voix en évaluation qui se rencontrent
Christophe Chénier – Université de Montréal
Jean-François Corriveau – Centre de services scolaire de Laval
Jessica Déziel – Centre de services scolaire des Mille-Îles
Naomie Fournier Dubé – Université de Montréal
Karine Legendre – Centre de services scolaire de Laval
Annie Martel – Centre de services scolaire des Phares

Pour clôturer le symposium, une table ronde réunira des personnes issues du milieu scolaire et de la recherche afin de mettre en dialogue leurs expériences et leurs perspectives. En s’appuyant sur les idées, les exemples et les résultats présentés tout au long de la journée, les personnes intervenantes feront ressortir les principaux leviers, les tensions et les conditions propices à une vulgarisation de l’évaluation qui favorise l’appropriation des connaissances et le développement de pratiques évaluatives porteuses de sens. La discussion se poursuivra ensuite avec le public afin d’ouvrir des pistes pour la recherche et la pratique.

Présentation générale

Ce colloque propose de faire de la vulgarisation de la recherche en évaluation un objet à part entière, plutôt qu’un simple prolongement des travaux scientifiques. En effet, si la production de connaissances en évaluation est abondante, leur appropriation par les milieux de pratique demeure inégale.

La vulgarisation est ici envisagée comme un processus actif de médiation des savoirs, qui implique des choix : simplifier sans dénaturer, contextualiser sans appauvrir, rendre accessible sans perdre en rigueur. Ces tensions sont au cœur du travail de nombreuses personnes engagées à l’interface entre recherche et pratique, mais restent encore peu explorées en évaluation.

Le colloque vise principalement les acteurs du monde scolaire tels que les futurs enseignants et ceux en exercice, les conseillers pédagogiques, les directions d’école, les administrateurs des centres de services scolaires, etc.

Les communications réunies dans ce colloque mettront en lumière la recherche en évaluation, ainsi que les effets observés dans les milieux éducatifs.

Elles porteront notamment sur des contextes variés tels que :

o l’accompagnement de conseillers pédagogiques et d’enseignants au regard de l’évaluation;
o le rôle des directions d’établissement comme levier dans une démarche d’accompagnement en évaluation;
o l’évaluation des premiers apprentissages en lecture;
o l’appréciation à l’éducation préscolaire;
o l’intégration de l’intelligence artificielle à l’évaluation au primaire et au secondaire.

En partageant des résultats issus de la recherche scientifique de manière vulgarisée, ce colloque vise à mieux comprendre les conditions qui rendent les connaissances en évaluation appropriables, utiles et transformatrices pour les acteurs éducatifs.