SYMPOSIUM C
Salle 3
Les pratiques évaluatives à l’épreuve de l’IAg : quelle articulation avec les cadres théoriques pour favoriser l’intégrité des diplômes universitaires ?
Responsable
Nicole Monney
Université du Québec à Chicoutimi
Présentation générale
L’intégration croissante de l’intelligence artificielle générative (IAg) à l’université bouleverse les pratiques évaluatives et soulève des enjeux multidimensionnels qui touchent à l’intégrité académique, à la qualité et à la profondeur des apprentissages, ainsi qu’au développement de la pensée critique (Ncube et al., 2025). Le risque de délestage cognitif, soit le transfert de tâches routinières vers la machine, fragilise la réflexion critique, l’autonomie de la pensée et la capacité de résolution de problèmes chez les personnes étudiantes, mettant ainsi en péril les visées mêmes des formations universitaires. Il y a donc un réel enjeu sur la profondeur des apprentissages réalisés par les personnes étudiantes durant leur formation et, par conséquent, sur l’intégrité des diplômes obtenus (Chevalier & Garcia, 2024; Collin & Marceau, 2022).
Face à ces enjeux, plusieurs pratiques émergent ou se renouvellent depuis quelques années. Certaines d’entre elles reprennent des pratiques déjà bien établies, comme l’évaluation authentique (Wiggins, 1998), l’évaluation soutien apprentissage et l’évaluation formative (Allal & Laveault, 2009). D’autres s’appuient sur des pratiques plus récentes, comme le cadre « AAAE » (Against, Avoid, Adopt, Explore) qui propose une graduation des usages de l’IAg selon la posture de la personne enseignante et selon les compétences visées (Khlaif et al., 2025).
Ces pratiques provoquées par l’arrivée de l’IAg ne constituent toutefois pas une rupture épistémologique puisqu’elles continuent à s’inscrire dans des cadres théoriques déjà établis tels que le constructivisme, le socioconstructivisme, la taxonomie de Bloom, la littératie du feedback au sein desquels l’IAg est repositionnée comme un outil d’étayage numérique ou de dialogue socratique.
Ce symposium interroge précisément cet arrimage : dans quelle mesure les cadres théoriques existants permettent-ils de fonder et d’orienter les nouvelles pratiques évaluatives à l’ère de l’IAg? Faut-il envisager l’émergence de nouveaux ancrages théoriques spécifiques à l’évaluation à l’ère de l’IAg permettant de préserver la place de l’humain?
Horaire détaillé
À venir