Communications libres
Vendredi le 20 novembre
Salle
Communication A (15 h 30)
Les modalités et les outils utilisés par les enseignants du secondaire pour évaluer les apprentissages dans une perspective de soutien à l’apprentissage - revue de la littérature
Nathalie Beaulac, stagiaire postdoctorale (Université du Québec à Chicoutimi)
L’évaluation des apprentissages constitue un pilier central de la tâche enseignante, puisqu’elle est étroitement articulée aux processus d’enseignement et d’apprentissage (Black et Wiliam, 1998, 2009; Hattie, 2009; MÉQ, 2003). Que ce soit pour soutenir l’apprentissage ou pour reconnaître les compétences (MÉQ, 2003; Mottier Lopez, 2015), les enseignants mobilisent une diversité d’outils formels et informels (Davies, 2008) afin de documenter leur jugement professionnel et de soutenir la progression des élèves (Lamarche et Durand, 2022; Talbot, 2014). La compétence Évaluer les apprentissages fait d’ailleurs partie des compétences professionnelles des enseignant.es au Québec (MÉQ, 2020). En ce moment, nous en savons peu sur les modalités et les outils d’évaluation utilisés spécifiquement en évaluation en soutien à l’apprentissage par les enseignants du niveau secondaire. En effet, la littérature scientifique en évaluation scolaire apparaît inégalement répartie selon les ordres d’enseignement; plusieurs travaux empiriques se sont concentrés sur le primaire, tandis que les travaux au secondaire demeurent plus fragmentaires ou souvent centrés sur des contextes spécifiques. De fait, les recherches portant sur le secondaire mettent davantage l’accent sur les enjeux liés à la certification, aux examens et à la notation, laissant moins de place à une description fine des outils utilisés au quotidien (Laveault et Allal, 2016; Perrenoud, 1998). De plus, certaines recensions observent une sous-représentation relative des études menées au secondaire comparativement au primaire (Kaboré, Frenette et Hébert, 2022; Mottier Lopez et Crahay, 2009). Cette asymétrie suggère un angle mort relatif concernant la compréhension fine des pratiques évaluatives au secondaire. Afin de réaliser un état de la littérature, des bases de données ont été interrogées à l’aide de mots-clés associés aux pratiques évaluatives en soutien aux apprentissages au secondaire. Les articles scientifiques publiés entre 2020 et 2026 ont été sélectionnés selon des critères d’inclusion portant sur leur pertinence thématique et leur caractère empirique ou conceptuel. Une analyse thématique des écrits retenus a permis d’identifier les principaux objets de recherche, les tendances émergentes ainsi que les zones encore peu documentées.
Communication A (16 h 00)
Évaluation comparative des compétences acquises par les futurs enseignants de physique-chimie selon le parcours de formation
Azzeddine Atibi (Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation et Université Hassan II de Casablanca)
Khadija El Kababi (Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation et Université Hassan II de Casablanca) Mohamed Radid (Université Hassan II de Casablanca)
Cette étude vise à évaluer, de manière comparative, les compétences acquises par des étudiants-professeurs stagiaires en physique-chimie selon deux parcours de formation : la licence fondamentale, à dominante académique, et la licence professionnelle, à visée professionnalisante. Elle s’appuie sur une population de 90 étudiants-professeurs stagiaires inscrits au CRMEF Casablanca-Settat, au Maroc. L’évaluation a été conduite à partir d’un test diagnostique standardisé portant sur trois dimensions de référence : la maîtrise théorique, les compétences pratiques et le raisonnement critique. Les données recueillies ont été analysées afin d’identifier les différences éventuelles entre les deux groupes. Les résultats indiquent une équivalence relative des acquis théoriques entre les étudiants issus des deux parcours, tandis que les étudiants provenant de la licence professionnelle présentent de meilleures performances dans les compétences pratiques, avec une différence statistiquement significative (p < 0,05). Cette différence semble liée à une exposition plus importante aux pédagogies actives et aux stages en milieu scolaire. Ces résultats suggèrent l’intérêt d’un renforcement de la dimension professionnalisante dans les curricula des licences fondamentales, tout en préservant leur exigence disciplinaire. L’étude plaide ainsi pour une approche hybride de la formation des enseignants, articulant rigueur académique, pratiques professionnelles et développement du raisonnement critique.
Communication B (16 h 30)
Le rôle de l’auto-régulation dans l’amélioration des apprentissages des élèves : enjeux éducatifs et pratiques pédagogiques
Assia Badran (Université Mohammed V, Faculté des sciences de l’éducation, Rabat, Maroc)
My Lahcen Hasnaoui (Université Mohammed V, Faculté des sciences de l’éducation, Rabat, Maroc)
Mohammed Bouguidou (Université Mohammed V, Faculté des sciences de l’éducation, Rabat, Maroc)
L’auto-régulation des apprentissages occupe une place de plus en plus importante dans les recherches en sciences de l’éducation, en raison de son influence sur la motivation, l’engagement et la réussite scolaire des élèves. Dans un contexte marqué par l’évolution des pratiques pédagogiques et évaluatives, les apprenants sont amenés à développer des compétences leur permettant de planifier, contrôler et ajuster leurs stratégies d’apprentissage de manière autonome. Cette communication s’intéresse au rôle de l’auto-régulation dans l’amélioration des apprentissages des élèves ainsi qu’aux pratiques pédagogiques favorisant son développement en contexte scolaire. L’objectif de cette étude est d’analyser les liens entre les stratégies d’auto-régulation, les pratiques d’évaluation formative et l’engagement des élèves dans leurs apprentissages. Elle vise également à mettre en évidence le rôle des enseignants dans l’accompagnement des apprenants vers une plus grande autonomie. Cette recherche s’appuie sur une approche théorique et analytique fondée sur une revue de littérature portant sur les modèles de l’apprentissage auto-régulé et les travaux récents en évaluation formative. Les résultats attendus montrent que les pratiques pédagogiques centrées sur la rétroaction, l’autoévaluation et la participation active des élèves contribuent au développement de l’auto-régulation et à l’amélioration des performances scolaires. L’étude souligne également que l’évaluation formative constitue un levier important pour renforcer l’autonomie des apprenants et soutenir leur motivation. Cette communication permettra ainsi d’alimenter la réflexion sur les ponts entre théorie et pratique dans le domaine de la mesure et de l’évaluation en éducation.