Communications libres
Vendredi le 20 novembre
Salle
Communication A (13 h 30)
Tour d'horizon des politiques d’évaluation scolaires au Canada
André-Sébastien Aubin (Université du Québec à Montréal)
Rafaël Leblanc-Pageau (Université de Montréal)
Anne-Michèle Delobbe (Université du Québec à Rimouski, campus de Lévis)
L’évaluation occupe une position unique dans l’univers scolaire. Ses résultats sont tantôt utilisés pour réguler les pratiques enseignantes et les apprentissages des élèves (Allal et Mottier Lopez, 2007), et tantôt utilisés pour réguler le système à des fins d’amélioration ou de pilotage (Maroy, 2021; Roegiers, 2012). Ainsi, l’évaluation constitue l’essentiel de ce qui sort de la classe, de ce qui est communiqué aux institutions, aux parents et de ce qui officialise le message de la personne enseignante à l’élève. Les produits de l’évaluation sont utilisés afin de décider le passage d’une année à la suivante ou même, à certains moments, pour la sélection des élèves dans des écoles ou des programmes à capacités d’accueil restreintes. Pour ces raisons, les organes gouvernementaux en éducation des États produisent des encadrements liés à l’évaluation permettant de clarifier son rôle, de la visée de certification à la visée de soutien aux apprentissages, et d’ainsi aspirer à généraliser une vision commune (MELS, 2003; Volante et al., 2016).
Dans la présente communication, nous recensons les documents officiels et publics qui encadrent l’évaluation dans les 13 juridictions du Canada (10 provinces et 3 territoires). Cette recension est essentielle puisque, dans la réalité canadienne, l’éducation constitue une compétence propre aux provinces, dont chacune détient l’entière responsabilité de l’organisation scolaire, des programmes et de la certification des élèves.Une analyse thématique permet de mettre au jour les orientations des pratiques évaluatives prescrites, ainsi que les appuis théoriques et les valeurs qu’elles véhiculent, de sorte à comprendre les logiques évaluatives de chaque juridiction. Nous cadrons l’étude par une approche cognitive des politiques publiques, qui propose que les politiques sont sous-jacentes à des visions du monde et des idéologies, perceptibles à travers les discours des acteurs (Gardon et al., 2020; Muller, 2018). Il est largement documenté que les pratiques en salle de classe sont souvent en décalage avec les principes prônés dans les politiques ministérielles (Yerly et Monney, 2023). Conséquemment, ce tour d’horizon se veut une première observation pour mettre en relation les provinces entre elles afin qu’à terme, il soit possible d’apprécier concrètement les efforts d’application des principes des politiques dans les milieux de pratique des différentes provinces.
Communication B (14 h 00)
L’analyse logique comme outil d’amélioration continue d’un programme en formation médicale postdoctorale : l’exemple de l’évaluation du Créneau Résident.e.s socialement engagé.es de la Faculté de médecine de l’Université Laval
Julie Massé (Université de Sherbrooke)
Olivia Gross (Université Sorbonne Paris Nord)
Marie-Claude Tremblay (Université Laval)
Marie-Audrey Brochu-Doucet (Université Laval)
Charles Boissonneault (Université Laval)
Isabelle Mercure (Clinique SPOT)
Chantal Gravel (Université Laval)
Sandra Criales (Université Laval)
Alhem Khacha (Université Laval)
Tim Dubé (Université de Sherbrooke)
L’analyse logique (AL) est une stratégie évaluative fondée sur la théorie. L’AL d’un programme de formation offre une méthode structurée pour clarifier sa logique sous-jacente, examiner la cohérence entre ses objectifs et ses stratégies éducatives, puis informer son amélioration continue ou sa mise à l’échelle. Cette présentation détaillera la démarche d’AL du Créneau résident·es socialement engagé·es (CRSE) de l’Université Laval, un programme longitudinal offert à un groupe autosélectionné de résident·es en médecine de famille, afin de les outiller pour une pratique auprès des populations en situation de vulnérabilité et pour une action en faveur de l’équité en santé.
Fondée sur une démarche participative favorisant l’appropriation des résultats de l’évaluation, l’AL du CRSE a impliqué trois étapes séquentielles et complémentaires : (1) le codéveloppement, avec les acteurs clés, du modèle logique du programme; (2) la construction d’un cadre théorique sur la base de la littérature scientifique repérée par une revue rapide de la littérature s’intéressant aux principes, caractéristiques et activités mises en œuvre dans de tels programmes; (3) le réexamen du modèle logique à l’aune du cadre théorique, mené par le biais d’un atelier délibératif. L’AL a permis d’identifier des axes d’amélioration et de formuler des recommandations pratiques concernant notamment : l’intégration et la reconnaissance des savoirs communautaires; l’adoption d’une perspective interdisciplinaire et intersectorielle du mentorat; la formation des superviseur·es cliniques pour mieux les outiller dans une perspective d’engagement social; l’intégration longitudinale d’activités réflexives pour favoriser l’intégration des apprentissages. L’AL du CRSE fournit des éléments clés à prendre en compte lors de l’élaboration de programmes et d’initiatives éducatives visant l’engagement social des apprenant·es en médecine de famille. La démarche participative soutient le rôle transformateur de cette pratique d’évaluation en faveur de changements éducationnels concrets. Les résultats pourront nourrir la réflexion entourant le développement d’initiatives du genre dans d’autres contextes.
Communication C (14 h 30)
Évaluer le leadership et la communication par le mouvement : une approche innovante en simulation en santé
Nathalie Loye (Université de Montréal)
Ahmed Moussa (Université de Montréal)
Claude Julie Bourque (Université de Montréal)
Geneviève Dussault (Université de Montréal)
Ariane Dubé-Lavigne (Université de Montréal)
Audrey Rochette (Université de Montréal)
Audrey Larone Juneau (Centre de recherche CHU Sainte-Justine)
L’évaluation des compétences non techniques (CNT), telles que le leadership et la communication, constitue un enjeu central en simulation médicale, mais elle repose encore largement sur des échelles subjectives insuffisamment précises. Notre projet intersectoriel (Audace Plus) propose une innovation méthodologique en mobilisant l’Observation-Analyse du Mouvement (OAM), issue de la théorie du mouvement en danse, afin d’objectiver ces compétences.
Cette communication présente des analyses quantitatives descriptives fondées sur le codage systématique de neuf vidéos de simulation de réanimation néonatale impliquant 71 professionnels. Les vidéos ont été segmentées en unités de cinq secondes, puis codées selon 45 paramètres de mouvement et selon la compétence mobilisée. Les résultats montrent une prédominance marquée des comportements positifs, avec 484 séquences de communication efficace (contre 80 séquences difficiles) et 278 séquences de leadership efficace (contre 50 séquences difficiles). L’analyse a permis d’identifier et de stabiliser neuf paramètres clés, particulièrement récurrents et mobilisables à des fins évaluatives. Par exemple, l’engagement gravitaire apparaît comme un indicateur du leadership, tandis que le geste, la posture-geste intégrée et le regard relationnel caractérisent la communication efficace. La présentation illustrera ces paramètres dans un langage accessible et montrera comment, en transformant des micro-événements non verbaux en indicateurs de performance observables et reproductibles, l’OAM permet une lecture fine de la dynamique d’équipe et ouvre des perspectives prometteuses pour le renouvellement des outils d’évaluation des CNT en simulation en santé.