Communications libres
Vendredi le 20 novembre
Salle
Communication A (8 h 30)
Construction et validation d'une mesure du flow en rédaction scientifique à partir de multiples sources de preuves de validité
Cynthia Vincent (Université du Québec à Montréal)
Kathy Beaupré Boivin (Université du Québec à Montréal)
Sébastien Béland (Université de Montréal)
Comprendre le flow dans la rédaction scientifique est essentiel, car cet état optimal de concentration et de plaisir constitue un levier potentiel de bien-être dans le parcours doctoral. Bien que plusieurs instruments permettent de mesurer le flow dans différents contextes, aucun outil validé n’avait été développé spécifiquement pour la rédaction scientifique. Cette étude visait donc à développer et à documenter les preuves de validité des scores de l’Échelle du flow en rédaction (ÉFR). Guidée par le cadre des cinq sources de preuves de validité proposé par l’American Educational Research Association, l’American Psychological Association et le National Council on Measurement in Education (2014), la recherche a été menée auprès de 100 personnes doctorantes. Les preuves fondées sur le contenu ont été examinées à partir de l’analyse des caractéristiques descriptives entre les items afin de vérifier leur capacité à représenter les différentes dimensions théoriques du flow rédactionnel. Les preuves fondées sur le processus de réponse ont été documentées par des entretiens cognitifs. Les preuves fondées sur la structure interne reposent sur des analyses factorielles et des indices de cohérence interne. Les preuves fondées sur les relations avec d’autres variables ont été examinées à l’aide d’analyses corrélationnelles et de régression. Enfin, les conséquences de l’interprétation des scores ont été étudiées au moyen d’analyses de classes latentes, une approche encore peu mobilisée dans les études de validation.
La présentation mettra particulièrement en lumière les choix méthodologiques réalisés pour documenter les différentes sources de validité et discutera de l’apport de méthodes émergentes, telles que l’analyse de classes latentes, à l’évaluation des qualités psychométriques des instruments. Les résultats suggèrent que l’ensemble des preuves de validité examinées sont satisfaisantes et que l’ÉFR constitue donc un instrument prometteur pour mesurer le flow en rédaction scientifique.
Communication B (8 h 50)
Édumétrie et docimologie : les deux dimensions de la validation des questionnaires
Dylan Dachet (Université de Mons)
Eva Gonzalez-Vargas (Université de Mons)
Marc Demeuse (Université de Mons)
Éric Frenette (Université Laval)
L’évaluation, qu’elle soit envisagée comme objet (mesure) ou comme processus (démarche), suscite de nombreux débats dans les sociétés postmodernes. Ses enjeux et ses effets n’y sont certainement pas étrangers. Bressoux et Pansu (2003) disaient d’ailleurs de l’évaluation scolaire qu’elle produit une « vérité » sociale pouvant « être lourde de conséquences pour ceux qui en font l’objet » (p. 7). Ainsi, au service des sciences de l’éducation, se sont développées l’édumétrie, en contrepoint de la psychométrie (Carver, 1974; Cardinet, 2003), et la docimologie. La première concerne l’étude quantitative et, par extension, la mesure (Rust et al., 2021) des variables afférant aux apprentissages (de Landsheere, 1988). La seconde, dans son versant critique, se concentre sur la mise en évidence des problèmes et injustices (Leclercq et al., 2004, p. 275) produits par l’évaluation et, par extension, sur les biais de la mesure. Les deux disciplines ont contribué à la définition de recommandations méthodologiques. D’une part, au niveau de la validité de la mesure, l’American Educational Research Association (AERA, 2014) a développé des critères de qualité repris dans les Standards for Educational and Psychological Testing. D’autres auteurs (Boateng et al., 2018; Brancato et al., 2006; Frenette & Dachet, 2026) ont décrit les étapes essentielles à l’élaboration et au processus de validation d’instruments de mesure. D’autre part, au niveau de l’équité de la mesure, des synthèses récentes (Dachet et al., 2026; Malouff & Thorsteinsson, 2016) ont mis en évidence que la mesure était sensible au bruit et au biais (Kahneman et al., 2021), phénomènes dont les sources — évaluateurs, instruments, contexte, etc. — sont désormais bien documentées. À partir d’exemples concrets, cette communication montre comment allier les recommandations méthodologiques issues de la docimologie et de l’édumétrie lors de l’élaboration d’instruments de mesure en contexte éducatif.
Communication C (9 h 10)
Évaluer l'impact des programmes structurants d'une grande université : l'approche méthodologique de la Fondation Amidex à Aix-Marseille Université
Julie Montanard (Fondation Amidex, Aix-Marseille Université)
Sabrina Marchi (Fondation Amidex, Aix-Marseille Université)
Odile Funel (Direction de la Formation, Aix-Marseille Université)
Comment caractériser et mesurer l’impact des programmes structurants de la plus grande université francophone du monde en termes de volume d’étudiants accueillis? Comment garantir aux opérateurs de l’État que les dotations octroyées permettent de concrétiser des actions aux effets bénéfiques et durables pour l’ensemble de la communauté universitaire, dans une approche usager vertueuse? Aix-Marseille Université (AMU), avec ses 80 000 étudiants, est reconnue Initiative d’Excellence (IdEx) pour le site Aix-Marseille, initiative portée par la Fondation universitaire Amidex et qui coordonne un écosystème partenarial associant université, organismes nationaux de recherche, hôpitaux et acteurs socioéconomiques. Amidex a mis en place une méthodologie pour évaluer l’impact de programmes structurants financés ou cofinancés par l’État. Conçue par itérations empiriques et enrichie des retours successifs des parties prenantes, cette démarche adopte une vision holistique intégrant les dimensions interne et externe de l’impact : résultats académiques, transformations organisationnelles, effets territoriaux et valeur ajoutée partenariale. L’enjeu central est de démontrer le pouvoir transformant des actions déployées, au-delà des indicateurs académiques classiques. En 2025, dans un contexte de menace de coupes budgétaires sur les programmes France 2030, cette capacité d’évaluation a joué un rôle décisif lors des auditions à mi-parcours devant l’Agence nationale de la recherche (ANR), confirmant la cohérence des projets et leur aptitude à atteindre, voire à dépasser, leurs objectifs initiaux. Amidex illustre comment construire des ponts entre théorie évaluative et pratique institutionnelle, au service d’une reddition de comptes rigoureuse et d’un pilotage stratégique éclairé.
Communication D (9 h 30)
Effets sur l’anxiété et retombées sur la régulation de l’apprentissage de l’usage d’un dispositif de révision chez des personnes étudiantes en ingénierie en contexte d’examens
Laura Soulat (Université du Québec à Chicoutimi)
Nicole Monney (Université du Québec à Chicoutimi)
Daniel Lalande (Université du Québec à Chicoutimi)
Les formations en ingénierie en France sont confrontées à des enjeux importants de réussite, notamment en première année (APMEP, 2024; Michaut, 2023). Historiquement sélectives (Grelon, 1989, 2021; Lemaître, 2018), elles reposent largement sur des examens dont la littérature scientifique souligne l’impact sur les comportements et les émotions des étudiants, en particulier l’anxiété (Finn, 2012; Finn et Guay, 2013; Landry et Grégoire, 2021; Romainville et al., 2013). Celle-ci peut interférer avec les processus cognitifs et métacognitifs (Theobald, 2021; Theobald et al., 2022) impliqués dans la régulation de l’apprentissage (Zimmerman, 2000, 2002), pourtant essentiels lors des examens (Prokofieva et al., 2017; Theobald et al., 2022). Parmi les dispositifs susceptibles de soutenir les étudiants, les feuilles de révision autorisées en examen apparaissent comme une piste intéressante pour favoriser la régulation de l’apprentissage et atténuer la charge émotionnelle (de Raadt, 2012; Dickson et Bauer, 2008; Drake et al., 1998; Özer, 2021). Pourtant, peu d’études ont analysé la façon dont ces outils influencent conjointement les mécanismes d’anxiété et de régulation de l’apprentissage (Hamouda et Shaffer, 2016; Hattingh, 2023; Whitehouse et al., 2024).
Le projet présenté lors de cette communication poursuit trois objectifs : comparer les niveaux d’anxiété — état et trait — (Spielberger et al., 1983) des mêmes étudiants dans deux cours, l’un intégrant un dispositif de révision et l’autre non; décrire ses effets sur la régulation de l’apprentissage (Zimmerman, 2000, 2002); et documenter le lien entre régulation et anxiété en contexte d’examen. Compte tenu de la complexité du phénomène étudié, le projet adopte une recherche par méthodes mixtes (Creswell et Creswell, 2023), combinant des questionnaires standardisés pour mesurer l’anxiété (Spielberger et al., 1983, 1993) et des entretiens d’explicitation (Vermersch, 2015, 2019) pour documenter les processus de régulation de l’apprentissage et de l’anxiété. La collecte est en cours.